Malgré tout leur potentiel, les projets de bâtiments intelligents comportent également leur lot de défis.
Cybersécurité, protection des données et spécifications techniques
Au vu des imposants volumes de données collectés, les inquiétudes concernant la cybersécurité et la protection des données sont inévitables. Bien que les bâtiments intelligents recueillent des informations anonymes, certains experts craignent que l’IA puisse involontairement créer des failles de sécurité en détectant des corrélations inattendues entre les jeux de données et en révélant l’identité des individus.
De plus, les technologies intelligentes telles que les SAB et les appareils IdO se sont révélées vulnérables aux cyberattaques. Les utilisateurs individuels peuvent aggraver ces menaces en accédant à des malwares, en utilisant un mot de passe non sécurisé ou en retardant la mise à jour de leurs logiciels.
Autre préoccupation cybernétique potentielle : le besoin d’une connectivité internet haut débit fiable est essentiel pour faire fonctionner les systèmes des bâtiments intelligents. Que se passe-t-il dans les systèmes de sécurité des bâtiments après une période de déconnexion au réseau ? Et si une antenne-relais cellulaire voisine est détruite lors d’une tempête ?
Par ailleurs, lors de rénovations et de réhabilitations, les partenaires de projet peuvent se heurter à des limitations ou à des incompatibilités au moment de l’intégration de nouveaux systèmes avec les existants, explique le rapport du Conseil des bâtiments intelligents de la CABA.
Pour se prémunir contre les cybermenaces et protéger les données personnelles identifiables, les gestionnaires d’installations doivent collaborer avec des experts afin de renforcer les réseaux et de s’assurer que les usagers soient formés aux meilleures pratiques de sécurité individuelle. Parmi les systèmes les plus critiques à protéger se trouvent les caméras de surveillance, les systèmes de contrôle d’accès, les compteurs intelligents et les outils de localisation, précise Buildings Magazine. La protection des données doit se centrer sur des contrôles stricts de la collecte, du cryptage et du stockage, ainsi que sur des formulaires de consentement pour les locataires et des audits de sécurité par des tiers.
La conformité réglementaire
La pression s’accentue afin de généraliser des pratiques durables. L’Accord de Paris prévoit d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et le gouvernement américain a annoncé un investissement de 80 millions de dollars via la loi de réduction de l’inflation pour des technologies de bâtiments intelligents dans plus de 500 bâtiments fédéraux.
Bien que ces initiatives soient dynamisantes, suivre le rythme d’un paysage réglementaire ambitieux et en constante évolution reste tout aussi intimidant. En effet, le secteur du bâtiment accuse un léger retard sur la voie de la neutralité carbone d’ici 2050, selon l’AIE, bien que la Chine, le Japon, l’Union européenne et les États-Unis aient récemment réalisé des « progrès notables » en décarbonation. Les technologies intelligentes viennent en renfort sur ce point, permettant aux maîtres d’ouvrage, exploitants et promoteurs de bâtiments de mettre en œuvre (et de concrétiser) des objectifs rigoureux de réduction énergétique.
La gestion de l’évolution
Dans son rapport, le Conseil des bâtiments intelligents de la CABA constate que certains maîtres d’ouvrage hésitent à adopter les nouvelles technologies de bâtiments intelligents ou à moderniser les technologies existantes en raison de contraintes budgétaires, mettant l’accent sur les coûts initiaux.
En effet, compte tenu des économies à long terme promises par les projets de bâtiments intelligents, il remarque que certaines réticences budgétaires pourraient provenir d’une méconnaissance des technologies disponibles. De même, de nouvelles technologies peuvent rebuter les occupants et les partenaires de projet si elles leur paraissent intimidantes ou inaccessibles.
Il est crucial de bien sensibiliser tous les partenaires et les usagers afin qu’ils partagent la même vision des technologies intelligentes, des stratégies et de leur valeur. « Une bonne perception des avantages conduit directement à une bonne adoption des technologies », pointe le rapport (PDF, p.52).